Small minus big : Définition et Rôle du modèle fait par Fama French

Homme d'affaires pensif à son bureau avec vue urbaine panoramique
Idées principalesDétails
🏆 Révolution du modèle Fama-FrenchPublié en 1992, ce modèle dépasse le CAPM en expliquant plus de 90% des rendements.
📊 Le facteur SMB mesure la tailleSmall Minus Big capture l’écart de rendement entre petites et grandes capitalisations.
⚡ Les petites entreprises présentent plus de risqueAccès limité au capital et volatilité élevée expliquent rendements potentiellement supérieurs.
📐 Formule avec trois facteurs clésr = rf + ß1(rm – rf) + ß2(SMB) + ß3(HML) intègre marché, taille et valeur.
🔄 Modèle à cinq facteurs étenduDepuis 2015, RMW et CMA s’ajoutent pour analyser profitabilité et investissements.
💼 Application pratique en portefeuilleUtiliser les ETF small caps comme levier de diversification, notamment en marchés haussiers.

Publié en 1992 par Eugene Fama et Kenneth French, professeurs à l’Université de Chicago, le modèle à trois facteurs a changé la façon dont on analyse les rendements boursiers.

Avant eux, le CAPM régnait en maître avec un seul indicateur : le risque de marché. Fama et French ont dit, en substance : « c’est bien joli, mais vous oubliez deux choses essentielles. »
C’est là qu’entre en scène le facteur Small Minus Big.

🔍 Ce que « small minus big » veut vraiment dire

Le facteur SMB mesure l’écart de rendement entre les petites capitalisations boursières et les grandes. Le principe est basique : historiquement, les petites entreprises surperforment les grandes sur le long terme. Pas parce qu’elles ont de meilleurs dirigeants ou de meilleures idées forcément, mais parce qu’elles présentent un risque plus élevé, et que ce risque supplémentaire doit être rémunéré.

J’explique souvent ça à mes clients avec une image : imaginez deux restaurants. Un grand groupe de restauration côté en bourse depuis trente ans, et une adresse de quartier lancée l’année dernière. Lequel présente le plus de risque ? La réduite adresse, évidemment. Mais lequel peut potentiellement décupler sa valeur en cinq ans ? La même. C’est exactement ça, SMB.

Les petites entreprises font face à des défis bien réels : accès limité au capital, revenus moins diversifiés, et une volatilité des bénéfices bien plus marquée. Ce cocktail explique les fluctuations de cours plus significatives, et donc le supplément de rendement attendu par les investisseurs.

📐 La formule du modèle Fama-French et la place du SMB

Le modèle à trois facteurs s’écrit ainsi :

r = rf + ß1(rm – rf) + ß2(SMB) + ß3(HML)

Chaque composante a son rôle. Le terme (rm – rf) représente la prime de risque de marché classique. Le SMB capte l’effet taille. Le HML (High Minus Low) mesure quant à lui l’écart entre les valeurs décotées et les valeurs de croissance. Les coefficients bêta de chaque facteur se calculent par régression linéaire : ils peuvent être positifs ou négatifs selon le profil du portefeuille analysé.

Ce qui m’impressionne encore aujourd’hui, c’est la puissance explicative du modèle. Selon les travaux de Fama et French publiés dans le Journal of Financial Economics en 1993, le modèle explique plus de 90% des rendements de portefeuilles diversifiés. Le CAPM seul ne tient pas la comparaison.

Voici un comparatif des deux modèles pour y voir plus clair :

CritèreCAPMFama-French 3 facteurs
📊 Facteurs utilisés1 (risque de marché)3 (marché, taille, valeur)
📈 Pouvoir explicatifLimitéPlus de 90%
🏦 Prise en compte de la tailleNonOui (SMB)
📉 Prise en compte des valeurs décotéesNonOui (HML)

Le modèle était initialement calibré sur quatre pays : les États-Unis, le Canada, le Japon et le Royaume-Uni. Fama et French l’ont ensuite adapté à d’autres zones, notamment l’Europe et la région Asie-Pacifique. Les données mensuelles couvrent la période allant de juillet 1963 à avril 2026, et les données annuelles de 1964 à 2025. C’est une base empirique solide, difficile à contester.

Homme d'affaires pointant vers la ville depuis son bureau haut

⚙️ Comment le SMB est calculé en pratique ?

Dans le modèle à cinq facteurs (développé en 2015 avec deux facteurs supplémentaires), le calcul du SMB devient un peu plus élaboré. La formule est la suivante :

SMB = 1/3 (SMB(B/M) + SMB(OP) + SMB(INV))

  • 🔵 SMB(B/M) : différentiel de rendement lié au ratio valeur comptable/valeur de marché
  • 🟢 SMB(OP) : différentiel lié à la profitabilité opérationnelle
  • 🟠 SMB(INV) : différentiel lié à la stratégie d’investissement de l’entreprise

Les portefeuilles sont reconstitués chaque année, de juillet de l’année t à juin de t+1. Les actions retenues proviennent du NYSE, AMEX et NASDAQ, issues de la base de données CRSP. Pour le taux sans risque, les données provenaient d’Ibbotson Associates jusqu’en mai 2024, puis de l’indice ICE BofA à partir de juin 2024.

Les deux facteurs supplémentaires du modèle à cinq facteurs sont le RMW (Robust Minus Weak, lié à la profitabilité) et le CMA (Conservative Minus Aggressive, lié à la politique d’investissement). Une entreprise qui réinvestit massivement génère souvent des rendements plus faibles à court terme, car ces coûts pèsent sur les résultats immédiats. Logique, non ? C’est un peu comme rénover ses appartements locatifs : ça coûte cher cette année, mais ça booste la valeur et les loyers ensuite.

💡 Utiliser le facteur SMB dans une stratégie d’investissement concrète

Savoir que SMB existe, c’est bien. Savoir quoi en faire dans son portefeuille, c’est mieux. Pendant les marchés haussiers, les petites capitalisations surperforment généralement, car les investisseurs acceptent de prendre plus de risques pour viser des rendements élevés. En revanche, quand les marchés dévissent, les grandes capitalisations reprennent l’avantage, perçues comme des valeurs refuge.

Pour ceux qui investissent via des ETF (j’en suis), il existe des fonds spécifiquement orientés small caps qui cherchent justement à capter cette prime SMB. Ce n’est pas une martingale, et je ne conseillerai jamais à quelqu’un d’y mettre toutes ses économies. Mais compris comme un levier de diversification dans une allocation globale, le facteur taille apporte une vraie valeur.

Pour aller plus loin sur les instruments financiers qui permettent de gérer le risque dans un portefeuille, je vous recommande de lire la page dédiée au basket default swap, un concept clé pour comprendre la gestion du risque de crédit. C’est un autre niveau de complexité, mais ça totale bien la compréhension des marchés.

Ce que le modèle Fama-French nous apprend, au fond, c’est que le risque et le rendement sont indissociables. Les petites entreprises ne surperforment pas par magie. Elles rémunèrent l’investisseur pour l’inconfort d’une plus grande incertitude. Comprendre ça, c’est déjà faire partie des investisseurs qui prennent de meilleures décisions. Et croyez-moi, sur ce sujet, Sandra préfère encore me laisser gérer.

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