Charles Gave fortune : Biographie et analyse

Idées principalesDétails
📱 Parcours entrepreneurial remarquableCréer Cegogest en 1974, cofonder Cursitor-Eaton, fonder Gavekal à Hong Kong.
💰 Fortune opaque et structuréePatrimoine hébergé en paradis fiscaux, Gavekal gère 3,5 milliards de dollars.
✍️ Pensée économique radicalePublier des ouvrages critiques, influencer 17 000 gérants de fonds via ses analyses quotidiennes.
⚠️ Engagements politiques clivantsSoutenir Dupont-Aignan, Le Pen, prêter 300 000 euros à Zemmour en 2022.
🏟️ Acquisitions sportives controverséesAcquérir le Biarritz Olympique en 2018, cédé en avril 2024 dans les tensions.
🎯 Positions idéologiques problématiquesDéfendre le grand remplacement, climatoscepticisme, financements antivaxx et critiques envers l’islam.

Né le 14 septembre 1943 à Alep, en Syrie, Charles Gave est l’un de ces personnages qui divisent autant qu’ils passionnent. Fils du commandant Pierre Édouard Gave, rallié à la France libre dès août 1941, et de Marie Claire Schoeffler, fille du gouverneur de l’État des Alaouites, il porte en lui une histoire familiale peu ordinaire.

Entre entrepreneuriat à large échelle, prises de position fracassantes et fortune partiellement hébergée dans des paradis fiscaux, le bonhomme ne passe pas inaperçu. Moi qui passe mes journées à analyser des dossiers financiers, je dois admettre que son parcours mérite qu’on s’y attarde sérieusement.

🏦 La construction d’une fortune : De la Banque de Suez à Gavekal

Charles Gave démarre sa carrière comme analyste financier à la Banque de Suez, une banque française d’investissement. Rien d’exceptionnel en apparence… sauf que dès 1974, à tout juste 30 ans, il crée Cegogest, sa première entreprise spécialisée en allocation d’actifs. C’est là que tout commence vraiment. Selon Le Temps, journal suisse de référence, il est considéré, aux côtés du Suisse Beat Notz, président de Notz Stucki à Genève, comme l’un des inventeurs du métier de conseil en investissement. Pas mal pour un fils de militaire né en Syrie.

Étape cléAnnéeDétail
🏗️ Création de Cegogest1974Première entreprise d’allocation d’actifs
🇬🇧 Installation à Londres1981Départ idéologique après l’élection Mitterrand
📈 Cofondation Cursitor-Eaton1986Gestion de 10 milliards de dollars
💰 Cession à Alliance Capital1995Exit significatif
🌏 Fondation de Gavekal1999-2001Transfert à Hong Kong, 3,5 Mds$ gérés

En 1981, au lendemain de l’élection de François Mitterrand, il choisit de s’installer à Londres. Pour des raisons idéologiques, pas fiscales, précise-t-il souvent. En 1986, il cofonde Cursitor-Eaton Asset Management à Londres, dont il prend la direction des investissements. La société gère alors jusqu’à 10 milliards de dollars avant d’être vendue en 1995 à Alliance Capital. Voilà un exit comme on en rêve dans la finance.

La suite ? En 1999, il fonde Gavekal, société de recherche et de conseil en gestion de portefeuille. Transférée à Hong Kong en 2001, avec son fils Louis-Vincent Gave et l’éditorialiste au Times Anatole Kaletsky, la structure prend une dimension internationale impressionnante. Aujourd’hui, Gavekal conseille 800 institutions dans le monde, diffuse une lettre d’analyse quotidienne lue par 17 000 gérants de fonds et revendique la gestion de fonds pour un total d’environ 3,5 milliards de dollars.

Alors, quelle est la fortune de Charles Gave exactement ? Honnêtement, personne ne le sait avec précision. Une partie de son patrimoine est hébergée dans des paradis fiscaux, ce qui complique toute estimation publique. Ce n’est pas la première fois que je vois ça dans les dossiers de gens très fortunés : plus le patrimoine est structuré, moins il est visible. On retrouve d’ailleurs cette opacité chez d’autres grandes fortunes françaises, comme l’illustre l’analyse du patrimoine d’Agnès Pannier-Runacher, également lié à des montages offshore complexes.

📚 Une pensée économique radicale et une bibliographie engagée

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Toulouse (promotion 1967) et titulaire d’un MBA de l’Université d’État de New York, Charles Gave n’est pas un autodidacte. Il entretient pendant vingt ans une correspondance avec Milton Friedman, le père du monétarisme, qui préface son premier livre en français. C’est quand même un parrain de luxe pour lancer une carrière d’auteur.

Ce premier ouvrage, Des lions menés par des ânes, publié en 2003, prédit la faillite de l’euro et atteint 20 000 exemplaires vendus. Sa philosophie économique tient en quelques convictions tranchées : l’État doit se concentrer sur ses fonctions régaliennes, la destruction créatrice favorise la croissance, et selon lui, les grandes crises économiques découlent toujours de cinq erreurs fondamentales.

Ces cinq erreurs, il les énumère sans ambiguïté :

  1. 🔥 Une guerre
  2. 📊 Une hausse des impôts aggravant le déficit
  3. 🚧 Une poussée protectionniste
  4. 📋 Une multiplication des réglementations
  5. 🏦 Une erreur de politique monétaire

Sa bibliographie s’étend de 2003 à 2025, avec des titres comme L’État est mort, vive l’état ! (2010), La vérité vous rendra libre (2023) ou encore Les mondes de demain (2025). Il a aussi préfacé des ouvrages comme celui de Stéphane Bussière, C’est la crise, investissez !, paru en 2026. Sa chaîne YouTube rassemble près de 350 000 abonnés, ce qui montre que sa pensée trouve un écho réel au-delà des cercles financiers. Pour comparer avec d’autres patrimoniaux médiatiques français, j’avais analysé de la même façon le cas du patrimoine de Christian Estrosi, dont la fortune mêle aussi carrière professionnelle et engagement public.

⚠️ Engagements politiques et controverses : Le revers de la médaille

Charles Gave n’est pas du genre à rester neutre. Après avoir soutenu Nicolas Dupont-Aignan suite au traité de Lisbonne ratifié en 2008 sous Nicolas Sarkozy, il devient en septembre 2018 l’un de ses proches conseillers, aux côtés de Paul-Marie Coûteaux et Patrick Buisson. Il soutient Marine Le Pen au second tour de 2017, puis prête 300 000 euros à Éric Zemmour pour la présidentielle de 2022 avant de se retirer de la campagne en novembre 2021 tout en réclamant le remboursement.

Côté patrimoine sportif, la famille Gave acquiert le Biarritz Olympique Pays basque depuis 2018. Charles Gave y entre comme administrateur en février 2018, puis devient vice-président du conseil de surveillance en juillet 2018. Le club est finalement cédé en avril 2024, non sans tensions : condamnation pour diffamation envers le journal Sud Ouest, conflits avec la préfecture des Pyrénées-Atlantiques et la mairie de Biarritz.

Ses prises de position publiques ont aussi alimenté la controverse. Il défend le grand remplacement, le climatoscepticisme, et finance des meetings antivaxx via son fils Louis-Vincent Gave et la holding Cantio, qui soutient la revue Transitions et énergies. Il participe aussi au financement du magazine Causeur et accorde des prêts à des candidats du Rassemblement national. Sur Sud Radio, il tient des propos sur l’islam qui lui valent de vives critiques. L’émission Quotidien a par ailleurs relevé des déclarations particulièrement problématiques sur les femmes. Ces comportements soulèvent des questions de fond sur la responsabilité des grandes fortunes dans le financement des idées, une problématique qu’on retrouve dans d’autres portraits comme celui d’Anne Sinclair, dont la fortune et les engagements médiatiques sont analysés ici.

Ce qui me frappe, moi qui suis habitué à décortiquer des profils financiers complexes, c’est cette capacité à construire un empire sur des décennies tout en restant délibérément opaque sur sa fortune réelle. Un peu comme ces emprunteurs qui arrivent avec un beau dossier bien présenté… mais dont on ne voit jamais le détail des comptes offshore. 😄 Charles Gave reçoit depuis le 8 juillet 1989 la décoration de Chevalier de l’ordre national du Mérite. Il est par ailleurs l’oncle de Béatrice Ardisson, de son vrai nom Béatrice Loustalan, via sa sœur Francine Gave.

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