Depuis quand le DPE est obligatoire pour la location ?

| Idées principales | À retenir |
|---|---|
| 📋 Obligation légale depuis 2007 | Le DPE est obligatoire pour louer depuis juillet 2007, affiché dans les annonces depuis 2011. |
| ⚖️ Opposabilité juridique en 2021 | Depuis juillet 2021, un DPE erroné expose le bailleur à des dommages-intérêts et annulation. |
| 🔤 Classification A à G | Les logements classés G coûtent 2 700 euros/an en chauffage contre 750 euros pour classe B. |
| 🚫 Interdictions progressives depuis 2023 | Logements G interdits depuis 2025, F en 2028, E en 2034 pour la location. |
| ❌ Gel des loyers F et G | Depuis août 2022, impossible d’augmenter loyer pour classes F et G. |
| 💰 Aides pour rénover | MaPrimeRénov’ couvre jusqu’à 90 % des travaux, Éco-PTZ jusqu’à 50 000 euros sans intérêts. |
| ⚡ Changement électricité en 2026 | Facteur de conversion électricité passe à 1,9, améliorant les étiquettes automatiquement pour certains logements. |
Le DPE est obligatoire pour la location et existe depuis le 1er juillet 2007.
Dix-neuf ans de réglementation, et pourtant je croise encore des propriétaires qui découvrent cette obligation au moment de signer un bail.
J’ai moi-même vécu cette situation avec l’un de mes deux appartements stéphanois, au moment de le remettre sur le marché locatif : le DPE datait un peu, il avait fallu le refaire. Autant vous dire que cette petite surprise m’avait motivé à creuser le sujet en profondeur.
🗓️ DPE location : Depuis quand est-ce une obligation légale ?

La réponse courte : depuis le 1er juillet 2007. C’est à cette date que le diagnostic de performance énergétique est devenu obligatoire pour tout bailleur souhaitant mettre un logement en location. L’idée derrière cette mesure, c’est simple : permettre au futur locataire de savoir ce qu’il va payer en énergie avant même de poser ses cartons.
Puis le législateur a renforcé l’obligation. À partir du 1er janvier 2011, le DPE doit également apparaître dans les annonces immobilières. Vous n’aviez donc plus seulement à remettre le document au locataire lors de la signature, vous deviez l’afficher dès la mise en annonce. Une bonne chose, selon moi, même si ça a surpris pas mal de bailleurs à l’époque.
La vraie révolution est arrivée le 1er juillet 2021. Ce jour-là, le DPE est devenu juridiquement opposable. Concrètement : si le diagnostic contient une erreur qui joue en défaveur du locataire, ce dernier peut saisir le tribunal et demander des dommages-intérêts, voire l’annulation du bail. Avant 2021, le DPE était purement informatif. Maintenant, il a du poids. Et ça change tout pour un propriétaire bailleur.
Concernant la durée de validité, voici ce qu’il faut retenir :
| Période de réalisation du DPE | Date d’expiration |
|---|---|
| 🗂️ Entre le 1er janv. 2013 et le 31 déc. 2017 | 31 décembre 2022 |
| 🗂️ Entre le 1er janv. 2018 et le 30 juin 2021 | 31 décembre 2024 |
| 🗂️ À partir du 1er juillet 2021 | 10 ans après réalisation |
Si votre DPE a expiré fin 2024 et que vous n’en avez pas encore fait un nouveau, vous êtes hors jeu légalement. Pensez-y avant de publier la moindre annonce. Et notez qu’un DPE réalisé pour une vente peut être réutilisé pour une location, à condition qu’il soit encore valide. L’inverse, en revanche, n’est généralement pas possible.
🏠 Ce que le DPE contient vraiment et qui est concerné
Le rapport de diagnostic de performance énergétique, ce n’est pas juste une lettre entre A et G collée sur une annonce. Il contient surtout : l’identification précise du logement, le descriptif des équipements de chauffage, la production d’eau chaude, la ventilation, mais aussi la quantité d’émissions de gaz à effet de serre rejetée et des recommandations pour optimiser l’efficacité énergétique, avec une estimation des coûts et des gains attendus. C’est un vrai outil d’information, pas un simple tampon administratif.
Côté classification, le système va de A à G selon la consommation annuelle d’énergie primaire exprimée en kWh/m²/an. Voici comment ça se découpe :
- 🟢 Classe A : moins de 50 kWh/m²/an
- 🟢 Classe B : entre 51 et 90 kWh/m²/an
- 🟡 Classe C : entre 91 et 150 kWh/m²/an
- 🟡 Classe D : entre 151 et 230 kWh/m²/an
- 🟠 Classe E : entre 231 et 330 kWh/m²/an
- 🔴 Classe F : entre 331 et 450 kWh/m²/an
- ⛔ Classe G : plus de 450 kWh/m²/an
Selon l’ADEME en 2025, un logement de classe B coûte environ 750 euros par an en chauffage. Un logement classé G, lui, c’est autour de 2 700 euros par an. Soit plus du triple. Je mets les chiffres comme ça, sobrement, et je vous laisse faire le calcul pour un locataire qui touche le SMIC.
Tous les logements ne sont pas soumis à cette obligation. Sont exemptés, entre autres : les locations saisonnières occupées moins de 4 mois par an, les monuments historiques classés, les logements non chauffés, et les maisons individuelles de moins de 50 mètres carrés. Par contre, un appartement en copropriété (vide ou meublé), une maison de plus de 50 m², un meublé de tourisme loué plus de 4 mois par an : tous concernés. Depuis le 1er janvier 2025, les nouveaux meublés touristiques doivent aussi respecter le critère de décence énergétique, fixé à moins de 420 kWh/m²/an de consommation d’énergie finale. Pour en savoir plus sur les droits des locataires liés aux conditions de vie, notamment combien de temps un locataire peut rester sans chauffage, c’est une question qui revient souvent dans les cas de logements mal classés.
⚠️ Les conséquences concrètes d’un mauvais DPE pour un bailleur
La loi Climat et Résilience de 2021 a mis en place un calendrier d’interdictions progressives qui change vraiment la donne pour les propriétaires de passoires thermiques. Et il y en a beaucoup : selon certains spécialistes, les 3,9 millions de logements classés F ou G annoncés en 2025 seraient même sous-estimés, du fait d’une méthode de calcul contestée.
Le calendrier est sans appel. Depuis le 1er janvier 2023, les logements G+ (plus de 450 kWh d’énergie finale par m² et par an) ne peuvent plus faire l’objet de nouveaux contrats. Depuis le 1er janvier 2025, c’est l’ensemble des logements classés G. En 2028, ce sera au tour des logements F. Et en 2034, les logements E seront également interdits à la location. Vous avez compris l’idée : les passoires, c’est fini. (Bon, pas tout de suite, mais ça arrive vite.)
Depuis le 25 août 2022, les bailleurs dont le logement est classé F ou G ne peuvent plus augmenter les loyers. Le gel des loyers s’applique immédiatement. Et depuis le 1er janvier 2022, les annonces pour ces logements doivent obligatoirement mentionner « Logement à consommation énergétique excessive ». Le bailleur qui triche sur ces informations risque une amende pouvant atteindre 3 000 euros pour une personne physique, et 15 000 euros pour une société. Ce n’est plus du tout anodin. D’autres obligations liées à la gestion locative méritent aussi d’être connues, comme les règles encadrant l’expulsion d’un locataire de plus de 70 ans, qui relèvent du même souci de protection des occupants.
Pour obtenir un DPE valable, le diagnostiqueur doit être certifié et transmettre ses résultats à l’ADEME, qui lui délivre un numéro d’identification à 13 chiffres inscrit sur le diagnostic. Sans ce numéro, le DPE ne vaut rien. Faire appel à un professionnel non certifié expose le propriétaire à une amende de 1 500 euros (3 000 euros en cas de récidive). Le prix d’un DPE location varie, selon l’ADEME, entre 100 et 250 euros selon la taille et l’ancienneté du logement. Honnêtement, pour ce que ça protège, c’est un investissement raisonnable.
🔧 Améliorer son DPE : Aides disponibles et changements à venir
Si votre logement est mal classé, vous n’êtes pas condamné à le vendre ou à le laisser vide. Plusieurs dispositifs permettent de financer des travaux de rénovation énergétique : MaPrimeRénov’ peut couvrir jusqu’à 90 % des travaux selon vos revenus, avec un plafond pouvant atteindre 20 000 euros. L’Éco-PTZ, lui, permet d’emprunter jusqu’à 50 000 euros sans intérêts pour financer des améliorations. La convention ANAH prévoit même un bonus BBC de 1 500 euros pour les logements atteignant les classes A ou B. La TVA à taux réduit de 5,5 % s’applique également aux travaux de rénovation thermique, ce qui réduit sensiblement la facture.
Un point technique qui mérite attention : à partir du 1er janvier 2026, le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire pour l’électricité passe de 2,3 à 1,9. Cela signifie concrètement que des logements chauffés à l’électricité pourraient voir leur étiquette énergétique s’améliorer automatiquement sur les nouveaux diagnostics. Les DPE réalisés avant cette date restent valables, mais peuvent être mis à jour gratuitement sans nouvelle visite si l’étiquette s’améliore. C’est une bonne nouvelle pour certains propriétaires, notamment ceux qui possèdent des appartements en zone urbaine avec chauffage électrique. Sur mes deux biens stéphanois, l’un est chauffé électriquement : je surveille ça de près. Et si vous vous interrogez sur d’autres aspects réglementaires liés aux charges locatives, la question d’un éventuel surloyer abusif en HLM ou encore le suivi de l’indice des loyers commerciaux au 4ème trimestre 2025 peuvent compléter utilement votre lecture.

