Charles Gave Avis : Stratégie d’investissement et Zoom sur son portefeuille

| Idées principales | Détails complémentaires |
|---|---|
| 🎯 Libéralisme radical et cohérent | Rejet viscéral de l’euro depuis 2003, moins d’impôts, bureaucratie réduite. |
| 💰 Stratégie antifragile à trois piliers | 50% actions françaises, 17% or physique, 33% obligations asiatiques initialement. |
| 📈 Performances affichées impressionnantes | 32,5% annuels revendiqués, mais méthodologie opaque et non vérifiable indépendamment. |
| 🔄 Pivot stratégique en 2024 | Sortie progressive obligations chinoises pour positions en yen japonais. |
| 🚫 Prédictions économiques non concluantes | Annonce régulière du krach euro depuis dix ans, mais marchés continuent montée. |
| ⚠️ Angles morts analytiques majeurs | Ignorer facteurs politiques et culturels, proposition peu détaillée sur réformes d’État. |
| Idées principales | Détails complémentaires |
|---|---|
| 🎯 Libéralisme radical et cohérent | Rejet viscéral de l’euro depuis 2003, moins d’impôts, bureaucratie réduite. |
| 💰 Stratégie antifragile à trois piliers | 50% actions françaises, 17% or physique, 33% obligations asiatiques initialement. |
| 📈 Performances affichées impressionnantes | 32,5% annuels revendiqués, mais méthodologie opaque et non vérifiable indépendamment. |
| 🔄 Pivot stratégique en 2024 | Sortie progressive obligations chinoises pour positions en yen japonais. |
| 🚫 Prédictions économiques non concluantes | Annonce régulière du krach euro depuis dix ans, mais marchés continuent montée. |
| ⚠️ Angles morts analytiques majeurs | Ignorer facteurs politiques et culturels, proposition peu détaillée sur réformes d’État. |
Né le 14 septembre 1943 à Alep en Syrie, Charles Gave n’a jamais eu le profil d’un économiste sage et consensuel. Diplômé de Sciences Po Toulouse, MBA en poche après un passage aux États-Unis, il débute à la Banque de Suez avant de fonder sa première société de gestion dès 1974.
Quand François Mitterrand arrive au pouvoir en 1981, il quitte la France sans hésiter, persuadé que le tournant socialiste mènera le pays dans le mur.
Ce genre de décision radicale, c’est exactement ce qui me captive chez lui… même quand je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit.
Alors, cet avis sur Charles Gave : mythe ou méthode vraiment applicable ?
🎩 Portrait d’un économiste atypique et provocateur
Ce qui frappe d’emblée chez Charles Gave, c’est sa cohérence idéologique. Libéralisme sans concessions, rejet viscéral de l’euro qu’il qualifie de catastrophe annoncée depuis 2003, méfiance assumée envers l’État : il n’a pas changé de disque depuis quarante ans. En 2012, il lance l’Institut des Libertés, un think tank qui prône un État réduit à ses fonctions régaliennes. Son mantra tient en trois mots : moins d’impôts, moins de bureaucratie, plus de responsabilité individuelle.
Ses prises de position vont parfois très loin. Il a financé Éric Zemmour en 2022 et soutenu Nicolas Dupont-Aignan en 2019, avant de prendre ses distances des jeux partisans. Il admire ouvertement le modèle suisse et milite pour une sortie de la zone euro. Il fustige l’influence de personnalités comme George Soros. Une phrase sur les femmes et le frigo lui a valu un scandale retentissant… qu’il a balayé d’un revers de main. Bref, il assume tout, ce qui lui vaut autant d’admirateurs que de détracteurs.

Ce profil tranchant trouve pourtant un écho grandissant, notamment chez les jeunes générations en quête d’alternatives au discours dominant. Ses vidéos et tribunes circulent massivement sur les réseaux. Son influence dépasse largement le cercle des économistes libéraux pour toucher une frange large du souverainisme français. Je comprends l’attrait : dans un monde de langue de bois financière, quelqu’un qui dit les choses cash, ça détonne. Mais attention à ne pas confondre le style avec la substance.
📊 La stratégie antifragile : Allocation, performances et limites réelles
La stratégie phare de Charles Gave s’inspire du concept développé par Nassim Taleb : l’antifragilité. L’idée n’est pas juste de résister aux chocs économiques, mais d’en tirer profit. Concrètement, l’allocation habituelle de sa société Gavekal, fondée en 1999 avec son fils Louis-Vincent Gave et Anatole Kaletsky, repose sur trois piliers.
| Classe d’actifs | Allocation | Rôle |
|---|---|---|
| 📈 Actions françaises (Air Liquide, L’Oréal, LVMH…) | 50% | Croissance et dividendes |
| 🥇 Or physique | 17% | Protection contre l’inflation |
| 🌏 Obligations chinoises | 33% | Diversification géographique |
Charles Gave revendique une performance moyenne de 32,5% par an sur cette stratégie. Mis en face du MSCI World à 7-10% annuel ou du CAC 40 à 5-8%, ça fait rêver. Moi aussi, j’ai failli siffler d’admiration… puis j’ai mis mon chapeau de courtier. L’absence de transparence totale sur la méthodologie de calcul et les périodes exactes rend toute validation indépendante impossible. C’est un peu comme si je vous promettais que mes deux appartements à Saint-Étienne rapportent 40% par an sans vous montrer un seul relevé de loyer.
En 2024, Gave opère un pivot majeur : il sort progressivement des obligations chinoises, plombées par la dégradation des perspectives géopolitiques et économiques liées aux intérêts pétroliers et aux paradis fiscaux, pour les remplacer par des positions en yen japonais. La logique tient : stabilité monétaire, potentiel de normalisation des taux, valorisation historiquement décotée. Un arbitrage tactique cohérent. Mais les fonds Gavekal restent accessibles uniquement via des banques privées, avec plusieurs centaines de milliers d’euros minimum et des frais de gestion de 1,5% à 2% plus commission de performance. Clairement pas pour le commun des mortels.

Bonne nouvelle : on peut partiellement reproduire cette allocation via des ETF. La gestion tactique et le timing des arbitrages restent le savoir-faire spécifique de Gave, mais la structure de base est accessible à tout investisseur motivé.
⚖️ Ce que je pense vraiment de l’approche Gave : Forces, angles morts et verdict
Donnons à César ce qui lui appartient. La diversification géographique réelle entre Europe, Asie et matières premières, l’allocation tactique adaptative aux cycles et la vision contrariante de Gave ont souvent été payantes sur les marchés. Il partage avec Olivier Delamarche le mérite d’avoir dénoncé très tôt les dérives des banques centrales et les déséquilibres de la zone euro.
Mais leur approche présente des angles morts sérieux. Depuis plus de dix ans, Gave et Delamarche annoncent l’éclatement de la zone euro et le krach final. Les marchés ont continué à monter. Le Nikkei a battu des records historiques récemment, alors que le Japon cumule démographie catastrophique, dette colossale et impression monétaire à outrance. La Turquie, avec son hyperinflation et l’effondrement de sa monnaie, a vu sa Bourse exploser à la hausse. Les marchés ne sont pas des copies conformes de l’économie réelle.
Autre point qui me dérange : Gave propose de supprimer tous les opérateurs de l’État pour réaliser 90 milliards d’euros d’économies. Sauf que parmi ces opérateurs figurent les universités, premier opérateur de l’État, les retraites des marins et des mineurs, et quantité d’autres dispositifs utiles. Sans clarifier ces points, la parole manque de crédibilité analytique. C’est un peu comme le patrimoine d’un élu politique : les grands chiffres impressionnent, mais le diable se cache dans les détails.
L’épisode du Plan Juppé en 1995 illustre parfaitement ce que Gave ignore souvent : le facteur politique et culturel. Alain Juppé propose des réformes économiquement sensées, déclenche trois semaines de grève générale, et Jacques Chirac recule. Aucune réforme ne passe quand un pays n’y est pas culturellement et socialement prêt. Intégrer ces dynamiques dans une analyse, c’est justement ce qui distingue un investisseur lucide d’un idéologue brillant. Mon conseil concret : lisez Gave pour challenger vos certitudes, diversifiez votre portefeuille en vous inspirant de sa structure, mais construisez votre propre conviction, chiffres et réalité de terrain à l’appui. 🎯
